Comme Tessa, sa soeur, j’ai rencontré Elodie à la danse il y a plusieurs années… Ayant toujours voulu faire de l’humanitaire en Amérique Latine et admirative de la façon dont elle a géré ce premier voyage en solo, sans parler espagnol au départ, j’ai pensé que son expérience pouvait également encourager beaucoup d’entre vous… La façon dont elle en parle est juste touchante et inspirante, je vous laisse la découvrir à travers plusieurs questions.
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Présentes toi en quelques mots

Elodie, 25 ans, originaire de Martinique, études de psycho à Paris que j’ai terminé en 2014. J’ai entrepris un voyage de 6 mois en Amérique Centrale en Janvier 2015 pendant lequel j’ai pu faire du bénévolat et découvrir du pays.

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Quels pays as tu visité?

Costa Rica, Nicaragua, Guatemala et Mexique nicaragua

Quels pays as tu préféré et pourquoi?

nicaJe dirais le Costa Rica, parce que c’est le pays dans lequel j’ai passé le plus de temps (4mois), où j’ai fais le bénévolat, je me suis fais des amis, une famille, j’y ai appris l’espagnol, une nouvelle culture.

J’ai développé un attachement tout à fait particulier à ce pays de part tous ces paramètres.

Culturellement, si l’on veut des ruines et de la culture antique, ce n’est pas le pays, puisqu’il était essentiellement une terre de transit pour les peuples qui se sont plutôt établis au Guatemala et Mexique.

Cependant, pour ce qui est de la diversité de la flore et de la faune, pour ceux qui veulent se mettre au vert, ce qui était mon cas, c’est tout simplement le pays PARFAIT !

Tu as fait de l’humanitaire au Costa Rica, raconte nous ton expérience

guatemalaJ’ai été bénévole dans une association « Hogar Sol » qui accueille des enfants ayant été retirés à leurs parents pour causes de maltraitance de toutes sortes, des carences affectives, des situations de précarité extrême. Ils y sont hébergés jusqu’à ce que la situation des parents s’améliore, ou alors en attendant d’être adoptés. J’étais la nounou bénévole, je partageais leur quotidien, m’occupais des bébés (les enfants avaient entre 1 mois et 10 ans), consolais, grondais. J’ai travaillé avec des femmes extraordinaires qui aiment ces enfants sans condition.

elooJe ne répéterai jamais assez combien ça a été l’expérience la plus enrichissante de ma vie, jamais je n’avais reçu autant d’amour, malgré certains moments très difficiles car se sont des enfants en grande souffrance. Ça fait un an et je continue, chaque jour, d’avoir une pensée pour eux. Je dis souvent que là bas, je suis devenue mère de famille nombreuse, et c’est pas évident tous les jours. Sur le plan professionnel aussi, j’ai beaucoup appris et cette expérience a fait de moi une meilleure psychologue.

Tu es parti seule mais t’es tu senti seule? T’es tu fait des amis?

A mon arrivée j’ai été logée dans une famille, qui est aujourd’hui ma famille. Mais malgré ça j’étais un peu lâchée dans la nature, mais c’est ce que je voulais, voir où sont mes limites et de quoi je suis capable seule.

elo tulumAu fur et à mesure j’ai pris mon envol, je partais seule en week end ce qui terrorisait ma famille qui me considérait comme leur progéniture. Là j’ai fais des rencontres formidables, certaines éphémères, d’autres avec qui je suis toujours en contact.

Je suis partie seule au Nicaragua, et au bout de 2 jours j’ai rencontré deux amis Ticos (du costa rica) avec qui j’ai accroché et on a fini par voyager ensemble, on s’est même revus au Costa Rica à mon retour. Il y en a d’autres avec qui on a prévu de se revoir bientôt, d’autres avec qui ça n’arrivera sûrement jamais mais qui font partie intégrante de mon expérience. Quand on fait le choix des auberges de jeunesse, en réalité on est sûr de rencontrer des gens de différents horizons. Donc quand je n’avais pas envie d’être seule j’allais vers les gens, j’ai appris à ne pas hésiter, à faire face à des groupes pour leur demander s’ils voulaient partager une bière, et on finissait à visiter les lieux ensemble. Mais de bouger seule çà permet aussi quand on veut de pouvoir vraiment être seul quand on le souhaite, et çà aussi c’est agréable.

Racontes nous quelques anecdotes de voyages et pourquoi tu aimes voyager

poasDes anecdotes j’en aurais des centaines à raconter, car j’ai eu la bonne idée de tenir un journal, où chacun de mes souvenirs est précieusement gardé.

Mais je pense à la première fois que je suis partie en week end avec mon frère de coeur avec qui j’habitais, pour découvrir le Rio Celeste, un fleuve dont la légende raconte qu’il doit sa couleur au fait que Dieu y ai lavé ses pinceaux après avoir peint le ciel. Et le lendemain, on s’est fait une bande, personne ne se connaissait d’avant et on a gravit un volcan pour après se baigner dans son cratère et le redescendre sous une pluie torrentielle.

Je pense au parc Manuel Antonio, l’un des plus beaux où se côtoient mer et jungle.

Je me souviens au Nicaragua être montée à l’arrière d’un pick up avec un guide que j’ai rencontré lors d’une traversée et m’être fait la reflexion que c’était de la folie.

Au Guatemala, j’ai voyagé avec une amie parisienne qui m’a rejoint, et on a, entre autres, fait 4h de route en voiture dans la montagne, éprouvant, majestueux, et beaucoup de sueurs froides sur les chemins escarpés. Et l’ascension pour arriver à un point de vue à couper le souffle à Semuc Champey.

Du Mexique avec ma soeur je pense à la première fois que j’ai vu un Cenote, d’avoir nagé avec des tortues et d’avoir fait du vélo sur une route où j’étais persuadée que j’allais y laisser ma peau.

Je pourrais m’épancher des heures mais je pense m’arrêter là.

Le voyage ça apprend tellement sur nous-mêmes, sur nos capacités. C’est des rencontres, des paysages, du partage. J’ai appris plus sur moi en 6 mois qu’en 24 ans d’une vie pourtant bien remplie. J’ai connu des gens au Nicaragua que j’ai revu au Mexique et au Guatemala.

On apprend aussi à lacher prise, parce qu’on rencontre des gens avec qui on aimerait rester toute la vie, mais on doit se dire au revoir parce que chacun continue sa route. Ce n’est pas évident de dire au revoir, surtout quand on sait que se sont surtout des adieux, ce qui est par exemple le cas avec les enfants dont je me suis occupée. Mais ça nous grandit aussi, et la trace que ces personnes laissent est indélébile, qu’il y ait des retrouvailles ou non.

 T’es tu senti en danger ou les médias exagèrent?

poas 1Durant ce voyage, j’étais dans un état d’esprit très particulier, j’étais seule, je savais que je ne pouvais compter que sur moi et mon instinct. Je n’ai pas le souvenir d’avoir eu peur une seule fois, dès que quelque chose me paraissait louche où me laissait un sentiment incertain, je m’écoutais et je n’insistais pas. Mais j’étais ouverte aux rencontres et aux expériences nouvelles, tout en faisant attention à moi.

Au Guatemala d’ailleurs je me suis parfois fait engueuler par mon amie qui me disait que j’étais trop crédule, que je n’avais pas une once de méfiance lol et parfois elle n’avait pas tord.

Mais je pense qu’en restant un minimum attentif bien évidemment, lorsque l’on dégage quelque chose de positif, alors on attire du positif. J’ai fais des choses que je ne me serais jamais permise de faire en France, mais là bas je me sentais en sécurité et j’avais confiance en mon jugement.

Bien évidemment, si l’on me déconseillait fortement un endroit, j’écoutais, parce qu’être une femme seule en voyage ça comporte des risques que l’on ne peut nier.

Nous espérons que le portrait d’Élodie vous a donné envie de partir à l’aventure, faire de l’humanitaire ou de voyager seule…

A bientôt pour un nouveau portrait de voyageur!

Interviewée par Ely

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