Trois sites naturels, une boucle de 300 kilomètres au départ de Reykjavik, et des paysages qui font douter de se trouver sur Terre. Le Cercle d’Or est l’itinéraire le plus emprunté d’Islande, et pour cause : il concentre en une journée ce que d’autres pays n’offrent pas en une semaine. Voici tout ce qu’il faut savoir pour le préparer sans mauvaise surprise.
Ce qu’il faut retenir- Le Cercle d’Or regroupe trois sites majeurs : le parc national de Þingvellir, la zone géothermique de Geysir et la cascade Gullfoss.
- La boucle fait environ 300 km au départ de Reykjavik, faisable en une journée mais plus confortable sur deux.
- Une voiture normale suffit : les routes sont bien entretenues et déneigées rapidement en hiver.
- Partir tôt le matin ou faire le circuit en sens inverse permet d’éviter les foules les plus denses.
- Des détours comme Brúarfoss, le cratère de Kerið ou le Secret Lagoon enrichissent considérablement l’expérience.
Qu’est-ce que le Cercle d’Or en Islande ?
Le nom sonne comme une promesse ancienne, mais la réalité est plus récente. Le Cercle d’Or est une dénomination touristique, sans fondement historique particulier. En islandais, on l’appelle Gullni hringurinn, soit littéralement « le cercle doré ». Ce circuit a été pensé pour guider les voyageurs vers les trois attractions naturelles les plus spectaculaires du sud-ouest de l’île, toutes accessibles depuis la capitale sans nuit supplémentaire.
Les origines et l’histoire du Cercle d’Or
Le concept appartient à une stratégie marketing plus large qui comprend aussi le Cercle d’argent, dans l’ouest de l’Islande, et le Cercle de diamant, dans le nord. Ces routes, parfois regroupées sous le terme anglais de Jewel Routes, sont des créations récentes destinées à structurer l’offre touristique islandaise. Le Cercle d’Or n’a donc pas de frontières officielles : chaque opérateur ou voyageur peut y ajouter des étapes selon ses envies.

Ce qui ne change pas, en revanche, c’est la géologie extraordinaire qui sous-tend tout le circuit. L’Islande est une masse terrestre très jeune, encore en formation, née d’une poche de magma entre deux plaques tectoniques qui s’écartent. Cette séparation continue des plaques nord-américaine et eurasienne explique l’activité volcanique, les sources chaudes, les geysers et les cascades creusées dans la roche par des siècles d’érosion glaciaire.
Pourquoi visiter le Cercle d’Or ?
Parce qu’en moins de 300 km, on traverse un parc national classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, on assiste à l’éruption régulière d’un geyser, et on se retrouve face à une cascade de 32 mètres de hauteur qui se jette dans un canyon glaciaire. Peu d’itinéraires au monde offrent cette densité de phénomènes naturels dans un rayon aussi court depuis une capitale.
La proximité avec Reykjavik est un avantage décisif. Þingvellir se trouve à seulement 47 km de la ville. Le circuit entier se boucle en une journée pour qui part tôt, ou en deux jours pour qui veut prendre le temps de s’attarder, randonner, et explorer les détours moins fréquentés.
Les 3 sites principaux du Cercle d’Or
Chacun des trois sites du Cercle d’Or a sa propre logique, sa propre atmosphère. On ne passe pas de l’un à l’autre avec l’impression de voir la même chose. C’est précisément ce qui rend la boucle aussi satisfaisante : la variété est totale.
Þingvellir : le parc national où les continents se rencontrent ?
Þingvellir, dont le nom signifie « plaines du Parlement », est le premier parc national créé en Islande et le seul du pays à figurer sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Fait notable : ce classement repose sur l’histoire, pas sur la géologie ou la beauté du paysage, même si les deux sont au rendez-vous.
C’est ici qu’en 930 après J.-C. les premiers colons islandais ont fondé l’Alþingi, l’un des plus anciens parlements d’Europe. Ce parlement a fonctionné jusqu’en 1798. Sur ce même site, les premières lois ont été promulguées, les criminels jugés et exécutés. Le lieu porte une charge historique rare.
Géologiquement, Þingvellir est unique au monde : c’est le seul endroit sur Terre où la dorsale médio-atlantique émerge au-dessus du niveau de la mer. Les plaques nord-américaine et eurasienne s’écartent ici de quelques centimètres par an, créant des failles spectaculaires que l’on peut longer à pied. La faille d’Almannagja est la plus impressionnante : une longue crevasse entre deux parois rocheuses, facile à parcourir sans équipement particulier.
À l’intérieur du parc, plusieurs points méritent un arrêt. Le point de vue de Hakid offre un panorama sur l’ensemble du site. La cascade d’Öxarárfoss, haute de 20 mètres, se rejoint en 10 minutes de marche depuis le parking. Son débit n’est pas le plus impressionnant d’Islande, mais les rochers qui bordent son pied lui donnent un charme particulier. L’église de Þingvellir, blanche et sobre, contraste avec le caractère sauvage du paysage environnant. Pour les plongeurs, la faille de Silfra offre une expérience hors du commun dans une eau d’une clarté exceptionnelle.
Le parking est payant : 1 000 ISK. Des sanitaires sont accessibles sur place.
Geysir : la zone géothermique et ses geysers spectaculaires
Le mot « geyser » vient directement de l’islandais geysir, qui signifie « jaillir ». C’est dire si ce site est à l’origine de tout. La zone géothermique de Geysir est l’une des plus connues d’Islande, et l’une des plus accessibles au monde.
Deux geysers dominent le site. Geysir lui-même, le geyser éponyme, entre en éruption très rarement aujourd’hui. C’est son voisin, Strokkur, qui est la star du spectacle : il projette un jet d’eau jusqu’à 30 mètres de hauteur toutes les 8 à 10 minutes environ. Juste avant l’explosion, une grosse bulle bleue se forme à la surface, gonfle, puis éclate vers le ciel. Ce phénomène visuel, répété plusieurs fois de suite si on attend, ne lasse pas.
Un geyser se forme quand trois conditions sont réunies : une source de chaleur intense (du magma proche de la surface), une arrivée d’eau souterraine, et un réseau de canalisations naturelles composé d’un réservoir et d’une cheminée permettant à l’eau de remonter. L’Islande réunit ces trois conditions dans de nombreux endroits, mais peu offrent un geyser aussi régulier que Strokkur.
La zone ne se résume pas à Strokkur. Des fumerolles, des cheminées géothermiques et des mares bouillonnantes parsèment le site. Prendre le temps d’explorer au-delà du geyser principal vaut vraiment la peine. Des services de restauration sont disponibles sur place. Le parking est payant (environ 1 000 ISK) et des services sont disponibles sur place.
Gullfoss : la cascade la plus impressionnante d’Islande
Gullfoss signifie « chutes dorées » en islandais, un nom qui viendrait de l’arc-en-ciel qui se forme au-dessus de la cascade par temps ensoleillé. En pratique, l’Islande étant l’Islande, la météo n’est pas toujours coopérative, mais la cascade reste spectaculaire sous n’importe quelle lumière.

La rivière Hvítá se jette ici en deux sauts successifs dans un canyon glaciaire étroit. La première chute mesure 11 mètres, la seconde 21 mètres, pour une hauteur totale de 32 mètres sur une largeur de 70 mètres. La puissance de l’eau est saisissante : on la sent vibrer dans le sol bien avant de la voir. Les embruns atteignent les passerelles d’observation, surtout par vent fort. Prévoir une couche imperméable.
Gullfoss est gratuite d’accès. Le parking est gratuit, mais les toilettes coûtent 200 ISK. Un restaurant et des boutiques de souvenirs sont disponibles sur place.
Infos pratiques : comment explorer le Cercle d’Or ?
La logistique du Cercle d’Or est simple, ce qui contribue à sa popularité. Pas besoin de planification complexe, pas de permis spéciaux, pas de véhicule hors route. Quelques repères suffisent à bien préparer la journée.
Distance et accès depuis Reykjavik
La boucle complète fait environ 300 km au départ de Reykjavik. Þingvellir se trouve à 47 km de la capitale, ce qui en fait la première étape naturelle si on suit le circuit dans le sens des aiguilles d’une montre. La distance entre Þingvellir et Geysir est d’environ 60 km. Les routes sont bien entretenues et figurent parmi les premières à être déneigées en hiver. Une voiture normale suffit largement : aucune F-Road (piste de montagne réservée aux 4×4) n’est nécessaire pour accéder aux trois sites principaux.
Meilleure période pour visiter le Cercle d’Or
Le Cercle d’Or est accessible toute l’année, ce qui le distingue de nombreuses autres régions islandaises. Chaque saison a ses atouts.
L’été (juin-août) offre des journées quasi infinies avec jusqu’à 20 heures de lumière, des températures douces et des routes dégagées. C’est aussi la période la plus fréquentée : Þingvellir et Geysir peuvent être bondés en milieu de journée.
L’automne (septembre-octobre) est souvent cité comme le compromis idéal : moins de monde, lumières dorées, et premières chances d’apercevoir des aurores boréales le soir.
L’hiver (novembre-mars) transforme le paysage. La neige recouvre tout, les cascades sont partiellement gelées, et les aurores boréales sont au rendez-vous par ciel dégagé. Les routes restent praticables, mais les journées sont courtes (4 à 5 heures de lumière en décembre).
Le printemps (avril-mai) voit les glaces fondre, les cascades grossir avec l’eau de fonte, et les touristes encore peu nombreux.
Visiter en voiture ou en excursion organisée ?
La voiture offre une liberté totale : on choisit ses horaires, on s’attarde là où on le souhaite, et on peut facilement ajouter des détours au programme. C’est l’option recommandée pour ceux qui veulent explorer au-delà des trois sites principaux.
Les excursions en minibus depuis Reykjavik sont une alternative pratique pour ceux qui ne veulent pas conduire ou qui voyagent seuls. Elles permettent de couvrir les trois sites en une journée sans se soucier de la navigation. L’inconvénient est le rythme imposé par le groupe et le temps limité sur chaque site.
Partir tôt le matin, idéalement avant 8h, est le conseil le plus utile quelle que soit la formule choisie. Les cars de tourisme arrivent en milieu de matinée, et les parkings de Geysir notamment peuvent devenir très chargés entre 10h et 14h. Une autre astuce : faire le circuit dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, en commençant par Gullfoss, permet de croiser les flux de visiteurs à contre-courant.
Carte et itinéraire classique du Cercle d’Or
L’itinéraire classique part de Reykjavik, rejoint Þingvellir via la route 36, puis monte vers Geysir via la route 37, avant de terminer à Gullfoss. Le retour vers Reykjavik se fait par la route 35 puis la route 1, ou par la route 30 en passant par Selfoss. Cette boucle prend entre 8 et 10 heures en incluant les arrêts sur les trois sites, sans détours supplémentaires.
Pour une journée confortable, compter 1h30 à 2h sur chaque site principal, plus les temps de trajet. Ceux qui souhaitent randonner à Þingvellir ou explorer la zone géothermique de Geysir en détail auront intérêt à prévoir une deuxième journée ou à choisir un hébergement sur le circuit.
Les détours secrets : au-delà du circuit classique
Le Cercle d’Or classique est magnifique, mais il laisse de côté plusieurs sites qui valent largement le détour. Voici les plus intéressants, à intégrer selon le temps disponible.
Brúarfoss et les cascades bleues cachées
Brúarfoss est souvent décrite comme la cascade la plus bleue d’Islande. La couleur de l’eau, d’un bleu tranchant sur fond de roche volcanique noire, est saisissante. Elle est moins connue que Gullfoss, mais de plus en plus fréquentée depuis qu’un parking payant a été aménagé à proximité.

Deux accès sont possibles. Le parking payant récent permet de rejoindre la cascade en 5 minutes de marche. L’alternative gratuite consiste à se garer plus loin et à longer la rivière Bruará à pied, en passant par les cascades intermédiaires d’Hlauptungufoss et Miðfoss. Ce chemin prend plus de temps mais offre une balade bien plus complète.
Le cratère de Kerið et les lacs géothermiques
Le cratère de Kerið est un lac de cratère volcanique dont les parois rouge sang plongent dans une eau d’un vert émeraude profond. La couleur du contraste entre la roche et l’eau est presque irréelle. Un sentier fait le tour du bord du cratère en une vingtaine de minutes, et un autre descend jusqu’au bord de l’eau.
Kerið se trouve dans la partie sud du circuit, entre Geysir et Selfoss, ce qui en fait un arrêt facile à intégrer sur le retour vers Reykjavik. L’entrée est payante.
Secret Lagoon et les bains géothermaux naturels
Le Secret Lagoon, situé à Flúðir, est l’un des plus anciens bassins géothermaux d’Islande. Contrairement au Blue Lagoon, très fréquenté et plus cher, il offre une expérience plus authentique et moins touristique. L’eau y est maintenue naturellement à environ 38-40°C, et de petits geysers et sources chaudes entourent le bassin. Un arrêt idéal en fin de journée, après avoir marché sur les trois sites principaux.
Autres sites remarquables près du Cercle d’Or
La ville de Hveragerði mérite une mention particulière : grâce à la géothermie islandaise, la ville est réputée pour ses serres où l’on fait pousser des variétés tropicales, une curiosité locale fascinante. La ferme de Fridheimar, spécialisée dans les tomates cultivées sous serre géothermique, propose une restauration sur place et une visite des serres. Pour les amateurs de sensations fortes, une excursion en motoneige sur le glacier Langjökull, le deuxième plus grand glacier d’Islande, peut se combiner avec le Cercle d’Or depuis Geysir.
Où séjourner près du Cercle d’Or ?
Reykjavik reste la base la plus pratique pour la majorité des voyageurs, surtout si le Cercle d’Or s’inscrit dans un séjour plus large en Islande. Mais passer une nuit sur le circuit lui-même change l’expérience : on profite des lumières du matin et du soir sans la pression du retour, et on peut explorer les sites après le départ des groupes en excursion.
Hébergements à proximité du circuit
Plusieurs guesthouses et hôtels sont dispersés le long du circuit. La zone autour de Geysir et de Gullfoss concentre quelques hébergements qui permettent d’être sur place dès l’ouverture des sites le matin. Þingvellir dispose également de cottages dans le parc national lui-même, à réserver très à l’avance tant ils sont demandés. Les prix varient fortement selon la saison : l’été est nettement plus cher que l’hiver ou le printemps.
Pour ceux qui voyagent avec un budget serré, le camping est une option viable de mai à septembre. Þingvellir possède un camping bien équipé à l’intérieur du parc.
Villages et petites villes à explorer
Selfoss est la ville la plus importante de la région, avec des supermarchés, des restaurants et des services pratiques. C’est une bonne base pour qui veut éviter les prix élevés des hébergements directement sur le circuit. Laugarvatn, petit village au bord d’un lac géothermal, est une autre option plaisante : les Laugarvatn Fontana Geothermal Baths permettent de se baigner dans des eaux chauffées naturellement, avec vue sur le lac. Flúðir, où se trouve le Secret Lagoon, est un village tranquille qui offre quelques hébergements à des prix raisonnables.
Hveragerði, à mi-chemin entre Reykjavik et Þingvellir, est aussi une option pratique pour ceux qui veulent une ville avec des commodités sans rester dans la capitale.
Récapitulatif pratique avant de partir
Le Cercle d’Or se prépare en quelques heures et se vit en une ou deux journées. Voici les points à retenir avant de prendre la route.
- Budget parking : prévoir 1 000 ISK pour Þingvellir et 1 000 ISK pour Geysir. Gullfoss est gratuit.
- Équipement : des chaussures imperméables et une veste coupe-vent sont indispensables, même en été. Les embruns de Gullfoss mouillent rapidement.
- Timing : partir avant 8h depuis Reykjavik pour arriver à Þingvellir avant les premiers groupes en bus.
- Voiture : un véhicule standard suffit. Pas besoin de 4×4 pour les trois sites principaux.
- Restauration : Geysir et Gullfoss ont des cafétérias sur place. Þingvellir est plus limité : emporter un pique-nique est une bonne idée.
- Aurores boréales : de septembre à mars, les nuits autour du Cercle d’Or, loin des lumières de Reykjavik, offrent de bonnes conditions d’observation.
Le Cercle d’Or est souvent la première excursion que l’on fait en Islande, et souvent celle dont on parle le plus longtemps après. La boucle tient ses promesses, à condition de ne pas se contenter de cocher les trois cases et de repartir. Prendre le temps de marcher dans la faille de Þingvellir, d’attendre deux ou trois éruptions de Strokkur, ou de s’asseoir au bord de Gullfoss après le départ des groupes : c’est là que le voyage commence vraiment.
